N°40. METTRE LES MARGES AU CENTRE ?, 15 mars 2015

PDF : N°40. METTRE LES MARGES AU CENTRE ?

Cette note n°40, « Mettre les marges au centre ? » selon la formule d’Eric Alliez, continue de penser le concept de « multitude » de Hardt et Negri. Notre thèse est de désaffilier, contre les auteurs eux-mêmes, ce concept de celui dont il se réclame « le devenir-révolutionnaire » de Gilles Deleuze. Nous nous appuyons pour cela sur les remarques de F. Zourabichvili. Œuvrer à ce qui peut apparaître un débat théorique de filiation, est, du point de vue militant, répondre à la question : qui sommes-nous, nous qui sommes gouvernés dans la gouvernance globale ?, ou : comment subjectiver la crise ? L’enjeu nous semble être une pensée de l’ontologie du capitalisme actuel et ses effets de lutte.

Pour mesurer l’engagement d’une telle question, cette note retient trois points de la théorie ontologique du capitalisme chez Hardt et Negri. Le premier analyse les barrières immanentes du Capitalisme, c’est-à-dire le processus de mondialisation, nommé Empire. Il en découle notre second point, celui de sa résistance, comme multitude, selon un renversement de primauté ontologique de la multitude sur celle du pouvoir mondial et du procès de valorisation du capital. Notre troisième point en tire pour conséquence : la fin de la dialectique et un retour à Proudhon.

De ces trois points, nous ouvrons à leur critique. Nous suggérons de répondre à l’ontologie subversive de Hardt et Negri, par cette autre : une ontologie de la « perversion », selon l’expression de F. Zourabichvili. « Le concept de « multitude » est-il deleuzien ? Je ne le pense pas (…) ». Mais « il y a lieu de se réjouir si nous sommes en présence de deux pensées plutôt que d’une seule : c’est une richesse et une chance. » Toutes deux étant gouvernées par le dynamisme général de la « sortie dedans ». Richesse aussi parce que l’une et l’autre de ces philosophies s’élaborent par la pratique d’« une révision créative du marxisme ».

Ce N°40 est aussi l’annonce de la création d’un supplément « Luttons.org ». Il proposera des enquêtes militantes sur les mouvements et lieux de lutte, dont nous sommes.

 

 

LUTTONSorg

 

 

CORRESPONDANCE :

http://symptoma.info/

« Nous venons après. Alors que les mélodies de la promesse, de meilleur à-venir, ont cessé de raisonner. Quelque chose nous contraint à présent à tenter de repenser ce qu’est, ce que peut être une victoire politique. Victoire n’est peut-être pas le terme : traduire « victoire » par « durée », et recommencer.

Nous voici devant l’épreuve des faits, rêvant d’événements. « Crise », serait le nom officiel de notre présent. L’internationale capitaliste décline ses attaques comme un verbe régulier. Normal. Mais cette « crise », si elle apparaît comme quelque chose venu du dehors qui intervient massivement, frappe également la pensée de l’émancipation, alors que celle-ci ne cesse de traverser son désert. En 1977, Althusser ouvrait son intervention au colloque du Manifesto en partant de cette constatation : « Quelque chose s’est brisé[1]. » Plusieurs décennies plus tard, on devrait plutôt partir de ceci : « Nous devons composer avec ce qui s’est brisé, la violence à laquelle nous sommes confrontés impose de nouveau rassemblements. »

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