N°43. LA FIGURE SUBJECTIVE DE LA CRISE : L’ENDETTÉ, 5 avril 2015

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Cette note travaille sur l’une des figures subjectives principales de la crise : l’endetté. Elle prend pour thèse que si la politique d’austérité est un échec, elle est surtout ce qu’elle ne dit pas : sa réussite. Par cette politique, il ne s’agit pas de rompre avec la dette, mais de la maintenir et de la renforcer. Aussi est-elle un « artifice construit et contrôlé rationnellement ». Elle est un biopouvoir qui traverse tout le champ social, jusqu’à la discipline de nos individualités.

Nous en tirons trois remarques qui appelleront des analyses critiques plus fines. La première est de souligner l’équivocité de la notion même de « crise ». La seconde est que la « crise » constitue pour nous la norme et la règle des manières d’exister, les conditions mêmes de régulation des sociétés modernes mondialisées, dont la structure de classe et ses dispositifs sont à analyser. Nous sommes la génération et la conscience historique de la crise, dont le mot mot-maître, ou signifiant majeur, est la dette. Ainsi du rapport politique, social et moral entre créanciers et débiteurs. En troisième remarque, nous nous positionnons sur les conséquences qu’une analyse critique doit en tirer.

 

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« Il ne faut pas partir de la gauche, il faut partir du peuple. Il ne faut pas l’attirer à nous. Il faut nous placer à ses côtés. Notre démarche doit être l’exact opposé de celle que préconisa un jour Terra Nova dans un article demeuré célèbre : puisque le peuple était devenu réactionnaire, la gauche devait changer de peuple. Si vous faites cette révolution copernicienne, vous verrez alors se dissiper les fantasmes représentés par le Front national, qui ne sont pas dus à des aspirations racistes ou fascistes dans le peuple, mais au néant intellectuel et spirituel de la gauche tout entière  : gauche de gouvernement, gauche frondeuse, gauche de la gauche… Rien, rien, trois fois rien ! Plus que la bourgeoisie devenue intellectuellement cosmopolite, le peuple a besoin d’un enracinement. Oui, le peuple a des besoins matériels qui sont prioritaires ; mais, oui, il a aussi besoin de se reconnaître dans une identité et d’être associé à part entière dans un projet. Car nous savons depuis Renan que la communion dans une identité et la collaboration dans un projet sont les deux faces indissociables d’une même médaille : celle de la nation et, en l’occurrence, de la nation française». Jacques Julliard, Le Monde, 3 avril 2015

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