N°44. RAPPORT CRÉANCIER/DÉBITEUR, 12 avril 2015

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Dans cette note N°44 nous développons la thèse, effet de l’économie de la dette : le créancier « a plus de pouvoir sur le débiteur que l’employeur sur son employé ». Une telle affirmation, loin de diviser les fronts entre travailleurs et endettés, converge vers une même lutte de classe sous la figure commune du travailleur-endetté. Son analyse implique d’en cerner les tendances par le renouvellement du rapport à l’espace et aux temps, marqué par le passage d’une société disciplinaire à une société de contrôle.

Nous montrons que les dispositifs de la micro-physique des pouvoirs, qui contraignent le travailleur, sont surdéterminés par une structure qui l’interpelle moralement en le condamnant à se rendre garant à vie de sa dette. L’homme n’est plus enfermé, mais l’homme est endetté, sa vie ne semblant plus laisser de place à un devenir possible. La dette, s’appropriant « le temps de l’emploi présent des salariés et de la population dans son ensemble », « préempte » et « dispose à l’avance de l’avenir ». En « dressant les gouvernés à promettre d’honorer leur dette, l’international capitaliste ne met pas simplement un place un dispositif économique, elle institue un rapport de pouvoir sécuritaire ». D’où le sentiment d’une société « sans temps, sans possible sans rupture envisageable »

Un texte de jeunesse de Marx « Crédit et Banque » (1844), en donne l’expression. Nous le citons.

 

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CORRESPONDANCE :

« Le communisme est déjà là », au milieu de nous, invisible ou imperceptible, dans les « interstices de la société capitaliste », partout où des hommes s’associent dans des activités non marchandes. Il faut un saut pour passer de là à ce que j’appellerai le second niveau, celui de la théorie, où la chose importante à dire est d’abord, à nouveau, négative : pour Althusser, la théorie n’a rien à dire sur le communisme en tant que tel, elle n’a affaire qu’à la possibilité du communisme. Le terme qu’il a privilégié de plus en plus est celui de tendance, à condition de l’assortir immédiatement de la contre-tendance, de façon à inscrire dans la même problématique la possibilité et l’impossibilité de réalisation du communisme que représentent les vicissitudes de la lutte des classes. La question se pose de savoir dans quelle mesure la réalisation du but final, le communisme, sera affectée non seulement dans sa possibilité historique, mais dans son contenu, par les vicissitudes tactiques de la lutte des classes. ».

Etienne Balibar, Le communisme, tendance et contre-tendance, L’Humanité 8 avril 2015

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