N°67, PLACE DE LA RÉPUBLIQUE, 14 avril 2016

PDF : N°67.PLACE DE LA RéPUBLIQUE, 14 avril 2016

Nous publions deux textes. Le premier est l’intervention, Place de la République, de Frédéric Lordon lors que l’assemblée générale de Nuit Debout, le samedi 9 avril 2016. Le second, de Juan Chingo et de notre camarade Emmanuel Barot du 6 avril 2016 : Entre grève générale et « indignation à la française », vers la croisée des chemins. Ces deux textes ont en commun de porter politiquement l’occupation des places à son point de bascule : ce qu’elle est aujourd’hui, et ce qu’elle peut, ou non, devenir politiquement dans ces prochaines semaines.

Ce qui signifie trois choses :

Reconnaître aujourd’hui que la lutte se construit autour de deux mouvements auto-organisés distincts, contre la loi El Khomri : celui de la classe travailleuse-gréviste (souvent contre leur propre direction bureaucratique) et celle des occupations de place. SI les appels se multiplient, ils n’ont pas encore fait jonction. Chacune a sa pratique de résistance propre. Il y a donc un double mouvement/déplacement à opérer de la grève à l’occupation, des occupations de place à la grève.

La seconde, toute lutte doit garder la mémoire de ses échecs historiques, – ce à quoi s’efforce le second article, qui est aussi la mémoire des déplacements ou jonctions manquées, sans préjuger de la forme que ceux-ci devront prendre pour notre lutte présente.

La troisième, leur nommer un objectif politique commun. Assumer « les conditions de ce que l’on veut », et donc de ses moyens, ne peut être que la grève générale.

Si les deux textes se reconnaissent politiquement dans ce même mot d’ordre stratégique, il y un désaccord sur ses tactiques. Mais ils interpellent la lutte auto-organisée de l’occupation des places, pour qu’elle articule politiquement son auto-organisation à celle de la classe travailleuse-gréviste, en battant en brèche toute logique de dilution « citoyenne » et reconnaître le rôle spécifique de la classe travailleuse, ouvrière ou prolétarisée sous l’effet de la crise ; donc articuler ce processus d’occupation de l’espace public à la perspective de la grève générale.

Ce qui signifie : non pas, seulement se « réapproprier » les organes de la démocratie bourgeoise, fussent-elles locales et en apparence plus accessibles à la réappropriation démocratique « pour de vrai », mais prendre les lieux du pouvoir matériel. Bloquer massivement l’économie capitaliste, en mettant en péril le fonctionnement normal de la propriété privée des moyens de production, est le fondement stratégique de tout affrontement du pouvoir du capital. Le risque serait de ne pas affronter le régime social qui sert structurellement d’assise à ces organes démocratiques.

Si les conditions objectives sont réunies, seule la lutte, dans ses formes et pratiques communes à inventer, décidera de ce qu’elle deviendra et comment elle permettra cette jonction, dans ce moment de la bifurcation des possibles et face à la répression et la violence d’Etat.

N°67.PLACE DE LA RéPUBLIQUE_Page_1

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s