N°11. A. CUKIER, LE NÉOLIBÉRALISME CONTRE LE TRAVAIL DÉMOCRATIQUE, 15 janvier 2017

BROCHURE MILITANTE N°11
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Revue Contretemps, N°31, octobre 2016. Avec l’accord de l’auteur.

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« Par « néolibéralisme », on peut entendre la configuration économique et politique de la nouvelle phase du capitalisme amorcée à la fin des années 1970. Il s’agit d’un projet « conçu pour rétablir les conditions d’accumulation du capital et restaurer le pouvoir des élites économiques » menacés dans la période précédente. Mais quelle est la cible politique spécifique que le néolibéralisme cherche à attaquer ? Dans cet article, je propose de concevoir le néolibéralisme comme un projet de neutralisation des potentialités sociales d’un « travail démocratique », c’est-à-dire d’un processus conjoint de démocratisation du travail et de production démocratique d’institutions.
Les exemples historiques à l’appui de cette thèse ne manquent pas en Europe depuis les années 1970. Au Royaume-Uni, le gouvernement Thatcher fut élu, suite aux grèves massives du secteur hospitalier et ferroviaire, avec le mandat de dompter les syndicats du secteur public. En France, le « tournant de la rigueur » imposa des politiques économiques néolibérales et le maintien dans le Serpent monétaire européen au détriment des mesures favorables aux salariés dans le Programme commun de la gauche. En Pologne, la capitulation politique de Solidarnosc face à l’urgence d’un règlement du problème de la dette publique et de l’hyperinfliation signa l’arrêt de mort de son programme de socialisation des entreprises. Et en Grèce, plus récemment, la stratégie de la « parenthèse de gauche » conçue par la Troïka puis acceptée par le gouvernement d’Alexis Tsipras est parvenue à désamorcer la mise en œuvre du programme de Thessalonique, soutenu par une large part des classes populaires et moyennes, et qui comportait notamment le rétablissement du salaire minimum et de la législation du travail, un moratoire sur la dette, la transformation de l’économie selon des critères démocratiques et écologiques et l’horizon d’une mise sous contrôle démocratique des services publics. Les institutions européennes y ont poussé l’avantage jusqu’à remettre en cause, dans le troisième memorandum, le principe de la démocratie parlementaire, en démontrant au passage l’impossibilité d’une intervention populaire – représentée notamment dans le référendum du 5 juillet 2015 – dans les politiques économiques. A chaque fois, dans ces « coups de maître » du néolibéralisme, c’est bien la menace d’un renforcement politique du pouvoir des travailleurs et le projet d’une démocratisation du travail et à partir d’elle de l’ensemble de la société qu’il s’agissait de désamorcer. » (…)

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