N°93, R. CHAUVEAU, TRAVAILLEURS SANS PAPIERS : LA VISIBILITE PAR LA GREVE, 05 mars 2018


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N°93, R. CHAUVEAU, TRAVAILLEURS SANS PAPIERS : LA VISIBILITE PAR LA GREVE, 05 mars 2018


Depuis le 12 février 2018, 120 travailleurs sans papiers, puis 160, sont en grève, soutenus et accompagnés par la CGT et différents collectifs. Soumis à une précarité et une exploitation, confrontés à l’arbitraire de leur employeur ou du préfet, ils apprennent à vivre avec cette hypocrisie « majeure  » de nos cadres juridiques : «travailler dans l’illégalité pour pouvoir espérer travailler légalement » (Libération) en se faisant employer sous l’identité d’un tiers.

Ces travailleurs sans papiers ont une double revendication : être régularisé et dénoncer l’application de l’article 16-II du projet de loi asile et immigration. Comme le rappelle la déclaration de la CGT du 12 février  : « Ce qui a poussé les travailleurs sans papiers à la grève est l’article 16 du projet de loi « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif ». Désormais, les travailleurs sans papiers qui se font prêter un passeport et un numéro de sécurité sociale pour signer un contrat risqueront une peine de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Par ailleurs, le gouvernement compte également revenir sur les acquis arrachés depuis 2006-2007 reconnaissant les bulletins de paye de ces travailleurs, y compris quand ils n’étaient pas à leur nom, comme documents permettant leur régularisation. Rappelons la vulnérabilité dans le monde du travail de ces travailleurs, victimes de rémunérations dérisoires, d’exposition à des produits dangereux, à des durées de travail illégales, ainsi qu’à des conditions de travail indignes. La régularisation de ces travailleurs sans papiers est la seule solution… »

Les grévistes ont décidé de lier leur sort. Ils poursuivront la grève jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée pour chacun, même si un accord est obtenu pour plusieurs d’entre eux. Ainsi, à la STLG de La Queue-en-Brie, tous les travailleurs ont obtenu leur CERFA avec un CDI à temps plein et le certificat de concordance. S’ils ont libéré les locaux, ils poursuivent le mouvement et maintiennent un piquet, jusqu’à l’obtention des papiers pour les 160 grévistes.

C’est dans ce contexte de lutte que nous publions cette archive de la revue Contretemps de 2011 : « Travailleurs sans papiers : la visibilité par la grêve ».

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